Territoires et espaces de la mondialisation
La mondialisation recompose les territoires : métropolisation, espaces maritimes stratégiques, frontières contestées et nouveaux espaces (cyberespace, espace). Les inégalités territoriales s'accentuent.
Introduction
La mondialisation ne se déploie pas dans un espace homogène : elle produit, hiérarchise et transforme des territoires. Des métropoles qui concentrent les fonctions de commandement aux littoraux qui portent les flux du commerce mondial, des frontières qui se durcissent au cyberespace qui les traverse, les territoires de la mondialisation dessinent une géographie du pouvoir en constante recomposition. L'« archipel mégalopolitain mondial » (Olivier Dollfus) met en réseau quelques dizaines de villes globales tandis que de vastes espaces restent en marge. Les mers et océans, vecteurs de 90 % du commerce de marchandises, deviennent des arènes de rivalité et de territorialisation. Les frontières, loin de disparaître, se multiplient et se réinventent. Comprendre ces territoires, c'est saisir les dynamiques spatiales d'un monde à la fois connecté et fragmenté.
Définitions clés
- Métropolisation : mouvement de concentration de populations, d'activités, de fonctions stratégiques et de valeurs dans des ensembles urbains de grande taille. Facteurs : économies d'échelle, avantages comparatifs, besoin d'accessibilité aux réseaux. Peut se faire au détriment des villes de niveau hiérarchique inférieur.
- Ville globale (Saskia Sassen) : métropole se situant au niveau supérieur de la hiérarchie urbaine mondiale. Lieu de concentration des pouvoirs centraux des entreprises et de l'économie mondiale, résultant d'une double dynamique de dispersion (productions) et de centralisation (fonctions de coordination et de gestion). Sassen identifie trois villes globales au sens strict : New York, Londres, Tokyo.
- Archipel mégalopolitain mondial (AMM) (Olivier Dollfus, 1996) : « Ensemble des villes qui contribuent à la direction du monde ». Réseau mondial de grandes métropoles interconnectées, dominé par les villes globales. 90 % des opérations financières s'y décident et 80 % des connaissances scientifiques s'y élaborent.
- Maritimisation : économies dépendantes de la mer dans un contexte d'échanges mondialisés. L'abaissement du coût du transport maritime et la révolution des conteneurs en sont les outils décisifs.
- Littoralisation : processus de concentration des activités et des populations sur le littoral, notamment le glissement des activités industrielles dépendant de matières premières importées.
- Frontière : ligne de séparation entre deux souverainetés, à caractère juridique, politique et administratif. Michel Foucher : « Une discontinuité géopolitique à fonction de marquage réel, symbolique et imaginaire », « la frontière c'est l'histoire inscrite dans de la géographie, du temps inscrit dans l'espace ». La frontière est à la fois coupure et couture, barrière et charnière.
- Cyberespace : espace immatériel produit par l'ensemble des relations sociales qui s'établissent via les réseaux de télécommunication informatique interconnectés (Boris Beaude). Malgré son apparente dématérialisation, il repose sur des infrastructures physiques (câbles sous-marins, data centers) et fait l'objet d'un contrôle étatique croissant.
Problématiques
- 1La métropolisation renforce-t-elle l'intégration à la mondialisation ou accentue-t-elle les fractures territoriales et sociales ?
- 2Les espaces maritimes sont-ils des vecteurs de coopération mondiale ou des arènes de rivalité et de puissance ?
- 3Assiste-t-on à la fin ou au retour des frontières dans la mondialisation ? (Michel Foucher, Le retour des frontières, 2016)
- 4Le cyberespace et l'espace extra-atmosphérique sont-ils les nouveaux territoires de la puissance au XXIe siècle ?
I. Les villes, territoires moteurs de la mondialisation
A. Métropolisation et archipel mégalopolitain mondial
Le monde s'urbanise à un rythme sans précédent : 2 % d'urbains en 1800, 54 % en 2015, environ 60 % aujourd'hui, et deux tiers attendus en 2030. La population urbaine mondiale a été multipliée par 20 en un siècle. Ce phénomène planétaire est dominé par la métropolisation, qui concentre dans un petit nombre de métropoles les sièges sociaux de FTN (133 du top 500 en Amérique du Nord, 48 à Tokyo, 32 à Paris), les pôles financiers (City de Londres, Wall Street, Kabuto Cho), et une part croissante du PIB national (Tokyo 34 %, Londres 32 %, Paris 27 %). Le classement des PIB mondiaux mêle États, villes et entreprises : Tokyo se classe 14e, New York 19e, devant l'Iran.
L'AMM d'Olivier Dollfus (1996) formalise cette réalité : six pôles reliés entre eux -- la mégalopole Boswash, les Grands Lacs, la façade Pacifique américaine, la mégalopole européenne, la mégalopole japonaise et l'arc métropolitain de l'Asie-Pacifique -- concentrent l'essentiel du trafic aérien, des flux de télécommunication et des opérations financières mondiales. Pierre Veltz parle d'une « économie d'archipel » où les métropoles sont davantage connectées entre elles qu'avec leur arrière-pays, produisant un « effet tunnel » qui marginalise les espaces intermédiaires. Guy Baudelle théorise la « pieuvre rouge » : les perdants de la mondialisation sont les villes moyennes, car la mondialisation concentre les activités dans les grandes métropoles.
B. Les villes du Sud : urbanisation sans développement et monstres urbains
L'urbanisation des pays en développement se distingue par son caractère massif et anarchique. Paul Bairoch parle d'« urbanisation sans développement préalable » : contrairement à l'Europe, l'urbanisation des PED n'est pas le produit de la modernisation agricole et de l'industrialisation, mais d'un exode rural qui est une « migration du désespoir ». Milton Santos oppose l'urbanisation « technologique » des pays développés à l'urbanisation « démographique » du Tiers-Monde. 21 des 28 mégapoles mondiales se situent dans les PED.
Les villes africaines connaissent une croissance spectaculaire (multipliée par 13 depuis les années 1950), mais le continent reste le moins urbanisé du monde (40 %). Lagos, « monstre au corps déformé » selon Le Monde (1996), croît de 800 000 habitants par an. En Asie, la Chine est passée de 20 % à 60 % d'urbanisation en quelques décennies. Cependant, ces villes sont aussi des lieux de développement et de modernité : elles concentrent les IDE, les zones franches, et permettent l'émancipation sociale (les « Nana Benz » du Togo, femmes enrichies dans le commerce des vêtements depuis les années 1960). En Inde, les villes concentrent 30 % de la population mais 75 % du PIB.
C. Smart cities, villes durables et défis contemporains (mise à jour 2026)
Face aux défis urbains -- congestion, pollution, inégalités, changement climatique --, le concept de smart city (ville intelligente) s'impose comme une réponse technologique. Singapour est pionnière ; en Chine, le projet Xiongan (annoncé en 2017 par Xi Jinping) prévoit une ville « verte, moderne, intelligente et de classe mondiale » pour 2 millions d'habitants, avec 70 % de sa superficie couverte de forêts et de plans d'eau, mais aussi un système de notation des citoyens et de reconnaissance faciale. En Arabie saoudite, le projet NEOM (amorcé par MBS) prévoit une ville futuriste dans le désert du nord-ouest. En Inde, le programme « villes intelligentes » vise à moderniser la gestion urbaine quotidienne.
L'urbanisation africaine est le phénomène démographique majeur des prochaines décennies : vers 2040, les villes africaines devraient accueillir 1 milliard de citadins. En Asie du Sud-Est, l'urbanisation galopante produit des « monstruopoles » (Bangkok) tout en alimentant la croissance économique. Un tiers de la croissance urbaine mondiale devrait se concentrer entre la Chine, l'Inde et le Nigéria. Les JO de Paris 2024 ont illustré le rôle des méga-événements dans la transformation urbaine, avec un héritage centré sur la Seine-Saint-Denis mais aussi des interrogations sur la gentrification et le déplacement de populations fragiles.
II. Les espaces maritimes, vecteurs et arènes de la mondialisation
A. La maritimisation de l'économie mondiale
90 % du commerce de marchandises passe par voie maritime. La révolution du conteneur, initiée par Malcolm McLean (1956), a bouleversé l'architecture des échanges mondiaux : gigantisme des navires (19 000 EVP), automatisation des ports, multimodalité, émergence d'alliances entre armateurs (2M : Maersk-MSC ; Ocean Alliance : CMA CGM-Evergreen-COSCO). La hiérarchie portuaire mondiale a basculé vers l'Asie-Pacifique : 16 des 20 premiers ports mondiaux se situent en Asie, dont 13 en Chine. Shanghai est le premier port mondial en conteneurs. Rotterdam, 11e port mondial en 2020, reste le premier port européen. L'artère circumterrestre conteneurisée relie les trois pôles de la Triade en passant par les détroits stratégiques (Malacca, Suez, Gibraltar, Panama).
La littoralisation accompagne ce mouvement : 60 % de la population mondiale vit sur un littoral. L'« hanséatisation » (Ricardo Petrella) décrit la mise en réseau de la planète marchande par des villes portuaires, « exclaves de développement » (Roger Brunet) connectées entre elles mais déconnectées de leur arrière-pays.
B. Territorialisation des mers et conflits de puissance
La convention de Montego Bay (1982) a ouvert la voie à la territorialisation des mers et océans : eaux territoriales (12 milles nautiques), zone contiguë, ZEE (200 milles nautiques). Cette appropriation étatique engendre des conflits là où les zones se chevauchent : mer de Chine méridionale (revendications chinoises, politique de polders et de remblaiement de récifs depuis 2015, contentieux sur les îles Spratleys, Paracels et Senkaku), tensions gréco-turques en Méditerranée orientale (découverte d'hydrocarbures, incursion du navire turc Oruç Reis en 2020), rivalités dans l'Arctique.
Les mers sont à la fois « source, enjeu et arène de la puissance » (Litzellmann). L'amiral Alfred Mahan (The Influence of Sea Power upon History, 1890) avait théorisé la nécessité pour les États-Unis de contrôler les océans. Les États-Unis restent le « thalassokrator » incontestable : l'US Navy dispose du tonnage des quatre autres flottes les plus importantes réunies, de 11 porte-avions et de flottes basées partout dans le monde. Sir Walter Raleigh (XVIe siècle) : « Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce du monde tient la richesse ; qui tient la richesse tient le monde lui-même. »
C. Nouveaux enjeux maritimes (mise à jour 2026)
L'Arctique est devenu un enjeu géopolitique majeur. La fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes (9 000 km gagnés sur la route Londres-Yokohama) et donne accès à d'immenses ressources (30 % des réserves mondiales de gaz naturel, 9 % des réserves d'eau douce). La Russie revendique un tiers de l'océan Arctique en s'appuyant sur la dorsale Lomonossov (drapeau en titane planté à 4 000 m de profondeur en 2007) et développe des ports et infrastructures en Sibérie. La Chine, admise comme membre observateur du Conseil de l'Arctique en 2013, se positionne comme « État quasi arctique ». Les tensions entre pays riverains et pays utilisateurs s'intensifient.
Les câbles sous-marins -- 430 câbles, 1,3 million de km, transportant 95 % du trafic intercontinental d'internet et de téléphone -- sont devenus un enjeu stratégique de premier ordre. En 2013, les États-Unis ont suspendu l'installation d'un câble entre New York et Londres par une entreprise chinoise par peur d'espionnage. En 2014, le Brésil a décidé de construire un câble directement vers l'Europe pour contourner la surveillance américaine (révélée par l'affaire Snowden en 2013). La souveraineté numérique des États dépend désormais de la maîtrise de ces infrastructures sous-marines.
Les nouvelles Routes de la soie (Belt and Road Initiative, BRI) comportent un volet maritime considérable : la Chine investit massivement dans les ports (rachat du Pirée par COSCO en 2016), les corridors numériques (réseaux de fibre optique) et les infrastructures logistiques tout au long de la route maritime Chine-Europe, constituant un « collier de perles » dans l'océan Indien. Cette diplomatie des infrastructures vise à redessiner les routes commerciales mondiales au profit de Pékin, suscitant des réactions de la part de l'UE (Global Gateway) et des États-Unis.
III. Les frontières, entre effacement et réaffirmation
A. L'utopie d'un monde sans frontières
La mondialisation a pu donner l'illusion d'un monde sans frontières : effondrement des droits de douane (40 % après 1945 contre 4 % aujourd'hui), 1 milliard de personnes en situation de mobilité dont 240 millions de migrants transnationaux, 104 000 FMN jouant des différentiels fiscaux et réglementaires, 220 unions régionales. Marshall McLuhan rêvait d'un « village planétaire », Thomas Friedman affirmait The World is Flat, Kenichi Ohmae annonçait The Borderless World, Bertrand Badie théorisait La fin des territoires. Le cyberespace apparaissait comme un espace d'échanges déterritorialisé.
Mais Pankaj Ghemawat (World 3.0) rappelle que seulement 3 % de la population mondiale vit en dehors du pays où elle est née, 2 % des étudiants suivent des cours en dehors de leur pays, et 18 % du trafic internet est transnational. Le monde sans frontières reste un mirage.
B. La multiplication et le durcissement des frontières
Loin de disparaître, les frontières se multiplient : 193 États aujourd'hui contre 46 à la veille de la Première Guerre mondiale, 30 000 km de frontières créés depuis 1990. Les murs prolifèrent : 11 en 1989, 65 aujourd'hui, couvrant 40 000 km (Élisabeth Vallet). Michel Foucher nuance : « Je suis très méfiant à l'égard de la frénésie sur les murs. Le "mur" est une formule politique et médiatique, mais rarement une réalité. La plupart du temps, ce sont des clôtures. Des frontières non pas fermées mais filtrées. » Mais il reconnaît que « une réaffirmation des frontières était inévitable : il existe un problème de sécurité, donc il y a une demande de protection ».
Régis Debray (Éloge des frontières, 2010) offre une réflexion philosophique : « La frontière est le meilleur ami du cosmopolitisme, elle reconnaît qu'il y a plusieurs mondes et que je m'y inscris à ma place », « la frontière est comme la peau, elle n'est pas là pour interdire le contact, mais pour définir un dedans et un dehors ». Kenichi Ohmae théorise le passage De l'État-nation à l'État-région, où les FMN jouent un rôle local et transnational face à des États « figurants sur la scène économique ».
C. Frontières intelligentes, cyberespace et nouveaux territoires de la puissance (mise à jour 2026)
La notion de smart border (frontière intelligente) émerge : surveillance technologique (drones, caméras, infrarouges, radars, bases de données) permettant un filtrage sélectif. George W. Bush la résumait ainsi : « Faire entrer ce qui est essentiel et retenir ce qui ne l'est pas. » La frontière États-Unis-Mexique illustre cette évolution : 3 200 km, le Secure Fence Act de 2006, puis la promesse de Trump d'achever le mur (3 100 km, 26 milliards de dollars). Pourtant, 200 000 personnes traversent quotidiennement la douane de San Ysidro et 1,5 milliard de dollars d'échanges transitent chaque jour par cette frontière, une des plus ouvertes au monde (Michel Foucher).
Le cyberespace est devenu un cinquième théâtre d'opérations, au même titre que la terre, la mer, l'air et l'espace. De 300 millions d'internautes en 2000 (5 % de la population mondiale), on est passé à plus de 5 milliards en 2025 (environ 63 %). Mais les inégalités persistent : connexion à domicile de 10 % en Afrique subsaharienne contre 80 % dans les pays développés. Les États cherchent à contrôler cet espace : la Chine a créé une « grande muraille numérique » avec 3 500 policiers de l'internet et 28 000 « hackers rouges ». Les cyberattaques se multiplient : Stuxnet (2010, programme nucléaire iranien), ingérence russe dans les élections américaines et européennes, cyberattaque contre les JO de Pyeongchang (2018). La rivalité GAFAM vs BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) illustre la compétition sino-américaine pour la domination du cyberespace. La gouvernance du net, dominée par l'ICANN américaine, est un enjeu majeur de souveraineté numérique.
La course à l'espace extra-atmosphérique s'intensifie : la Chine a déposé un rover sur la face cachée de la Lune en 2019 (sonde Chang'e 4), tandis que la NASA a envoyé le rover Perseverance sur Mars en 2021. Le « Traité de l'espace » (1967) consacre l'espace comme zone internationale, mais la compétition entre puissances spatiales (États-Unis, Chine, Inde, Europe avec Ariane) redéfinit les rapports de force.
Chronologie essentielle
| Date | Événement |
|---|---|
| 1914 | Ouverture du canal de Panama |
| 1956 | Invention du conteneur (Malcolm McLean) |
| 1961 | Construction du mur de Berlin |
| 1967 | Traité de l'Espace |
| 1982 | Convention de Montego Bay (droit de la mer) |
| 1984 | Le volume des échanges transpacifiques dépasse le transatlantique |
| 1989 | Chute du mur de Berlin ; 11 murs dans le monde |
| 1995 | Entrée en vigueur de l'espace Schengen |
| 1996 | Dollfus théorise l'AMM ; création du Conseil de l'Arctique |
| 2002 | Construction du mur Israël-Palestine |
| 2006 | American Secure Fence Act (frontière États-Unis-Mexique) |
| 2007 | La Russie plante un drapeau au fond de l'océan Arctique |
| 2013 | Affaire Snowden ; la Chine observateur au Conseil de l'Arctique |
| 2015 | Plus de 60 % de la population mondiale est urbaine ; mur Hongrie-Serbie |
| 2016 | COSCO rachète le port du Pirée ; élargissement du canal de Panama |
| 2019 | Chang'e 4 sur la face cachée de la Lune |
| 2022 | Guerre en Ukraine, perturbation des routes énergétiques mondiales |
| 2024 | JO de Paris ; tensions accrues en mer de Chine et en Arctique |
| 2025 | Plus de 65 murs et clôtures frontalières dans le monde |
Chiffres clés (actualisés 2026)
- Urbanisation : environ 60 % de la population mondiale est urbaine ; 2/3 prévus en 2030
- Mégapoles : 41 villes de plus de 10 millions d'habitants prévues en 2030, principalement au Sud
- Commerce maritime : 90 % du commerce de marchandises par voie maritime
- Ports : 16 des 20 premiers ports mondiaux en Asie, dont 13 en Chine ; Shanghai 1er en conteneurs
- ZEE de la France : 2e mondiale (11,5 millions de km²)
- Frontières : 193 États, 30 000 km de frontières créés depuis 1990 ; 65 murs couvrant 40 000 km
- Droits de douane : 40 % après 1945 contre 4 % aujourd'hui
- Câbles sous-marins : 430 câbles, 1,3 million de km, 95 % du trafic internet intercontinental
- Internautes : plus de 5 milliards (~63 % de la population mondiale)
- Bidonvilles : 1/3 de la population urbaine mondiale, dont 90 % dans les PED, 3/4 en Afrique
- Arctique : 30 % des réserves mondiales de gaz naturel, 9 % des réserves d'eau douce
- GAFAM + BATX : les géants numériques américains et chinois dominent le cyberespace mondial
Références incontournables
- Olivier Dollfus, La mondialisation (1996) : concept d'« archipel mégalopolitain mondial » -- « ensemble des villes qui contribuent à la direction du monde », réseau interconnecté dominé par les villes globales, produisant marginalisations et « effet tunnel ».
- Saskia Sassen, The Global City (2001) : New York, Londres et Tokyo sont des « villes globales », fruit de la nouvelle DIT qui centralise les fonctions de coordination et de commandement dans un petit nombre de sites.
- Pierre Veltz, Mondialisation, villes et territoires : une économie d'archipels (2014) : « Les études urbaines focalisées sur les dysfonctionnements conduisent à l'oubli d'une réalité fondamentale : la ville est un mieux, un plus. » Les pôles urbains majeurs sont davantage connectés entre eux qu'avec leur arrière-pays.
- Paul Bairoch, De Jéricho à Mexico (1996) : oppose l'urbanisation des pays développés à celle des PED, « urbanisation sans développement préalable », « inflation urbaine ».
- Michel Foucher, Le retour des frontières (2016) : « Une frontière n'est pas un tracé abstrait mais une institution. Abolir les frontières, c'est faire disparaître les États. Un monde sans frontières est un monde barbare. »
- Régis Debray, Éloge des frontières (2010) : « La frontière est comme la peau : elle n'est pas là pour interdire le contact, mais pour définir un dedans et un dehors. »
- Alfred Mahan, The Influence of Sea Power upon History (1890) : théorie de la puissance maritime, les États-Unis doivent contrôler les océans pour devenir une grande puissance.
- Boris Beaude : le cyberespace est un « espace immatériel produit par l'ensemble des relations sociales via les réseaux de télécommunication interconnectés ». « Internet met des lieux en réseaux, mais surtout des réseaux en lieu. »
- Kenichi Ohmae, The Borderless World (1990) et De l'État-nation aux États-régions (1995) : la mondialisation signe la fin de l'État-nation souverain face aux réseaux transnationaux.
- Thomas Rid, Cyber War Will Not Take Place (2013) : la cyberguerre tient davantage du battage médiatique que du risque véritable, car elle ne cause pas directement de morts ni de destructions matérielles.
- François Thual, La Bataille du Grand Nord a commencé (2009) : l'Arctique, jadis « non-lieu géopolitique », est devenu attractif et source de tensions entre États riverains.
- Élisabeth Vallet : recense trois types de murs -- empêcher les migrants, prévenir les trafics, barrière post-conflit. 65 murs dans le monde en 2025 contre 11 en 1989.
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