Modélisation cinématique des systèmes mécaniques
Méthode complète pour modéliser un mécanisme en PTSI : classes d'équivalence, liaisons normalisées, graphe des liaisons, torseur cinématique, composition des mouvements, roulement sans glissement et lois entrée-sortie.
Modéliser un mécanisme, c'est passer d'un plan d'ensemble à un schéma cinématique exploitable par le calcul. L'objectif final est presque toujours une loi entrée-sortie : comment la sortie (position, vitesse) dépend de l'entrée imposée par l'actionneur. La démarche est toujours la même et doit être rédigée dans l'ordre.
1. Classes d'équivalence et liaisons
Classes d'équivalence cinématique
On regroupe les pièces sans mouvement relatif en classes d'équivalence, chacune modélisée par un solide indéformable. Le bâti est noté 0. Les éléments déformables (ressorts, joints) et les éléments roulants des roulements sont exclus.
Les 11 liaisons normalisées
Une liaison est caractérisée par sa géométrie de contact et ses degrés de liberté (ddl). Une liaison parfaite est sans jeu ni frottement.
| Liaison | Contact | ddl | Torseur cinématique (forme canonique) | Validité |
|---|---|---|---|---|
| Encastrement | — | 0 | partout | |
| Pivot | cylindre + arrêts | 1 R | axe | |
| Glissière | prismatique | 1 T | partout | |
| Hélicoïdale | filet | 1 (R et T liées) | axe | |
| Pivot glissant | cylindre long | 2 | axe | |
| Sphérique à doigt | sphère + doigt | 2 R | centre | |
| Sphérique | sphère | 3 R | centre | |
| Appui plan | plan | 3 (2 T + 1 R) | partout | |
| Sphère-cylindre | sphère dans cylindre | 4 (3 R + 1 T) | centre | |
| Cylindre-plan , ligne | ligne | 4 (2 R + 2 T) | ligne de contact | |
| Sphère-plan | point | 5 (3 R + 2 T) | normale au contact |
2. Graphe des liaisons et schéma cinématique
Le graphe des liaisons a pour sommets les classes d'équivalence et pour arcs les liaisons (nom + centre/axe/normale). Le nombre cyclomatique donne le nombre de boucles indépendantes. Le schéma cinématique traduit ce graphe en symboles normalisés, en respectant la géométrie relative (axes parallèles, concourants, perpendiculaires). Le schéma minimal sert à comprendre le fonctionnement ; le schéma architectural sert à analyser l'hyperstatisme et le montage.
3. Torseur cinématique
. Le vecteur rotation est le même en tout point ; la vitesse se transporte par
.
Conséquence : équiprojectivité, .
Paramétrage et dérivation
Chaque solide reçoit un repère ; les figures de changement de base (angle petit et positif) donnent les projections. Si autour de , . Pour un point de 2 et fixe dans 1 : , avec la formule de dérivation vectorielle .
4. Composition des mouvements
Pour trois solides : , torseurs au même point. En particulier et . C'est l'outil de base pour traiter les chaînes de solides et les robots sériels.
Roulement sans glissement
Au point de contact : . Exemples incontournables :
- roue sur sol : (roue de 0,30 m à 10 m/s : rad/s) ;
- engrenage extérieur : (signe + pour un engrenage intérieur) ;
- train simple : ;
- vis-écrou (pas ) : ; 2 mm de pas à 1 500 tr/min donnent 50 mm/s.
Centre instantané de rotation
En mouvement plan, le CIR vérifie ; il est à l'intersection des perpendiculaires aux vitesses de deux points.
5. Loi entrée-sortie
Fermeture géométrique
On écrit Chasles sur la boucle, on projette, puis on élimine les paramètres inutiles. Pour le bielle-manivelle centré (, ) :
, course .
La loi en vitesse s'obtient en dérivant par rapport au temps.
Fermeture cinématique
au même point : 6 équations scalaires par boucle (3 en plan). On obtient directement une loi en vitesse, sans dériver.
Conseil : choisir le point d'écriture où le plus grand nombre de torseurs ont une forme simple (centre d'une rotule, point de l'axe d'une pivot).
6. Mobilité et liaisons équivalentes
Avec inconnues cinématiques, équations de rang :
- mobilité (utiles + internes, comme la rotation d'une bielle sur son axe entre deux rotules) ;
- hyperstatisme .
Liaisons en série : on additionne les torseurs cinématiques. Liaisons en parallèle : le mouvement doit être compatible avec chacune. Une rotule de centre associée à une sphère-cylindre de centre et d'axe forme une pivot d'axe isostatique : c'est le montage de base d'un arbre sur deux roulements.
7. Méthode de rédaction
- 1Classes d'équivalence (couleurs), puis graphe des liaisons avec caractéristiques géométriques.
- 2Schéma cinématique cohérent avec le graphe.
- 3Paramétrage : repères, figures de changement de base.
- 4Fermeture géométrique ou cinématique, projection, élimination.
- 5Vérification : homogénéité, cas particuliers (, ), signe du rapport de transmission.
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