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Statique des solides et hyperstatisme

Modéliser les actions mécaniques, écrire les torseurs transmissibles par les liaisons, appliquer le PFS avec méthode, utiliser les lois de Coulomb et calculer le degré d'hyperstatisme d'un mécanisme.

La statique répond à deux questions d'ingénieur : quels efforts transitent dans les liaisons (pour dimensionner les pièces, choisir des roulements, des vérins, des moteurs) et le mécanisme est-il correctement conçu (isostatique ou hyperstatique). Elle repose sur un seul principe, le PFS, mais exige une méthode rigoureuse.

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1. Modéliser les actions mécaniques

Toute action mécanique de 1 sur 2 se modélise par un torseur :

, avec .

  • Glisseur : moment nul sur un axe (une force). Moment d'une force appliquée en : , de norme en plan.
  • Couple : résultante nulle, moment identique en tout point.
  • Pesanteur : .
  • Pression uniforme sur une surface plane : glisseur de norme normal à la surface. Un vérin de 50 mm de diamètre sous 6 bar pousse avec environ 1 180 N (1 bar = Pa).
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2. Actions transmissibles par les liaisons parfaites

Une liaison parfaite ne dissipe aucune puissance : le comoment de son torseur statique et de son torseur cinématique est nul. Chaque degré de liberté supprime une composante statique : une liaison à ddl transmet inconnues.

LiaisonInconnuesTorseur transmissibleValidité
Encastrement6partout
Pivot 5axe
Glissière 5partout
Hélicoïdale 5 avec lié à par le pasaxe
Pivot glissant 4axe
Sphérique à doigt 4centre
Sphérique 3centre
Appui plan 3partout
Sphère-cylindre 2centre
Cylindre-plan , ligne 2ligne
Sphère-plan 1contact
> **Astuce :** le torseur statique est le « négatif » du torseur cinématique : là où une composante cinématique est libre, la composante statique correspondante est nulle, et réciproquement.
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3. Le principe fondamental de la statique

Énoncé : si un ensemble est en équilibre dans un référentiel galiléen, . Il fournit 6 équations scalaires dans l'espace, 3 en problème plan.

Actions réciproques : .

Démarche type

  1. 1Tracer le graphe d'analyse : liaisons et actions extérieures (moteur, charge, pesanteur, ressorts).
  2. 2Isoler un solide ou un ensemble ; faire le bilan des actions mécaniques extérieures.
  3. 3Écrire chaque torseur sous sa forme canonique, au point où elle est valable.
  4. 4Transporter les moments au point choisi, où passent le plus d'inconnues.
  5. 5Résoudre, puis passer à l'isolement suivant.

Cas particuliers à reconnaître

  • Deux glisseurs : forces directement opposées (bielle de poids négligeable).
  • Trois glisseurs non parallèles : coplanaires, concourants, triangle des forces fermé.

Exemple : poutre sur deux appuis

Charge N à m de , portée m. Moment en : , donc N ; résultante : N.

Ordre des isolements

On commence par les solides soumis à deux actions, qui fixent une direction, puis on remonte la chaîne de transmission. Une équation sans inconnue de liaison (moment autour de l'axe d'une pivot) donne la loi entrée-sortie en efforts ; pour un vis-écrou parfait, , cohérent avec .

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4. Frottement : lois de Coulomb

Au contact, l'action se décompose en (normale) et (tangentielle).

SituationLoi
Glissement, , opposée à
Adhérence,
Le **cône de frottement** a pour demi-angle : l'action est dans le cône en adhérence, sur le cône en glissement.

Plan incliné : l'équilibre exige , indépendamment de la masse. Avec , un bloc tient à 15° mais glisse à 20°.

Arc-boutement : blocage par adhérence quelle que soit l'intensité de l'effort moteur, pour une raison géométrique (tiroir, serre-joint). Un vis-écrou est irréversible si l'angle d'hélice est inférieur à l'angle de frottement.

La puissance dissipée par frottement est négative : elle explique le rendement inférieur à 1 des transmissions réelles.

Piège : en adhérence, est une inconnue majorée par , pas une donnée égale à . On n'écrit l'égalité qu'à la limite du glissement.

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5. Hyperstatisme

Définitions

  • : nombre total d'inconnues statiques ; : nombre de classes d'équivalence, bâti compris.
  • Mobilité : nombre de mouvements indépendants (utiles + internes).
  • Degré d'hyperstatisme :

ou, de façon équivalente, .

Avec le rang du système issu du PFS : et . Si , le mécanisme est isostatique ; si , il est hyperstatique d'ordre : le PFS ne suffit plus à calculer toutes les actions de liaison.

Exemples classiques

MécanismeCalcul
Arbre sur rotule + sphère-cylindre0
Arbre sur deux pivots coaxiales5
Quadrilatère à 4 pivots (espace)3
Même quadrilatère, modèle plan0
### Interprétation

Chaque degré d'hyperstatisme correspond à une condition géométrique à respecter au montage (coaxialité, parallélisme, distance). L'hyperstatisme apporte rigidité et robustesse, mais impose des tolérances serrées et génère des contraintes de montage. On le réduit en remplaçant des liaisons par d'autres possédant plus de degrés de liberté, ou en introduisant des jeux et des éléments élastiques.

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6. Points de vigilance aux concours

  • Vérifier le référentiel galiléen et l'hypothèse d'équilibre (ou de mouvement uniforme négligeant l'inertie).
  • Transporter les moments avant de sommer les torseurs.
  • Ne pas compter deux fois une action intérieure.
  • Justifier toute hypothèse de problème plan par une symétrie géométrique et des efforts.
  • Un modèle plan peut masquer de l'hyperstatisme spatial.

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