La croissance économique depuis la révolution industrielle
Faits stylisés de la croissance depuis 1820, mesure et limites du PIB, modèles de Harrod-Domar, Solow et de la croissance endogène, cycles et débat sur la stagnation séculaire.
La croissance est, selon Perroux (1961), « l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d'un indicateur de dimension », le PIB réel. Phénomène récent à l'échelle de l'histoire, elle est devenue l'objectif central des politiques économiques et l'objet de théories concurrentes.
1. Un phénomène historiquement récent
De la trappe malthusienne à la croissance cumulative
Selon Maddison (2001), le PIB par habitant mondial a crû de 0,05 % par an entre 1000 et 1820, puis de 1,2 % par an entre 1820 et 1998. Avant la révolution industrielle, tout gain de productivité était absorbé par la hausse de la population (Malthus, 1798 ; Clark, 2007). La rupture vient d'Angleterre vers 1770 : machine à vapeur, coton, fer, chemin de fer.
Les révolutions industrielles
| Révolution | Période | Innovations motrices | Pays leaders |
|---|---|---|---|
| Première | 1770-1850 | Vapeur, textile, charbon, rail | Royaume-Uni |
| Deuxième | 1870-1914 | Électricité, moteur à explosion, chimie, acier | Allemagne, États-Unis |
| Troisième | depuis 1970 | Électronique, informatique, Internet | États-Unis, Japon |
Les explications divergent : révolution agricole préalable (Bairoch, 1963), institutions sécurisant la propriété après 1688 (North et Weingast, 1989), culture et esprit d'entreprise (Landes, 1998), ou « hasards » du charbon et des colonies (Pomeranz, 2000). Gerschenkron (1962) ajoute que les retardataires suivent d'autres voies, portées par les banques ou l'État, contre la vision linéaire de Rostow (1960).
Piège : ne pas présenter la croissance comme un processus continu et uniforme. Elle est inégale dans le temps (Trente Glorieuses à 5 % par an, environ 1 % en France depuis 2008 selon l'INSEE) et dans l'espace (clubs de convergence, Baumol 1986).
2. Mesurer la croissance
Le PIB agrège les valeurs ajoutées ; sa croissance se décompose (comptabilité de la croissance, Solow 1957) en contributions du travail, du capital et de la productivité globale des facteurs (PGF), le « résidu ». On distingue la croissance extensive (plus de facteurs) de la croissance intensive (gains de productivité), et la croissance effective de la croissance potentielle (environ 1,2 % par an pour la France selon la Banque de France, 2024).
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