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Microéconomie : comportement des agents, marché et défaillances

Fiche de synthèse sur le chapitre 1.2 : équilibre du consommateur et du producteur, marché concurrentiel, équilibre général, et les cinq défaillances de marché avec leurs remèdes.

La microéconomie étudie les décisions individuelles de consommation et de production et leur coordination par les prix. Le chapitre 1.2 du programme enchaîne trois questions : comment un agent rationnel choisit-il ? comment le marché agrège-t-il ces choix ? dans quels cas échoue-t-il ?

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1. L'équilibre du consommateur

Préférences et utilité

La révolution marginaliste (Jevons, Menger, Walras, 1871-1874) remplace la valeur-travail par la valeur-utilité : un bien vaut par la satisfaction qu'il procure à la marge. L'utilité marginale est décroissante, ce qui résout le paradoxe de l'eau et du diamant.

Les préférences se représentent par des courbes d'indifférence : décroissantes, convexes, ne se coupant jamais. Leur pente est le taux marginal de substitution (TMS), rapport des utilités marginales.

Contrainte et optimum

La droite de budget p(X)·X + p(Y)·Y = R limite les paniers accessibles. L'optimum est au point de tangence : TMS = p(X)/p(Y). On en déduit la courbe de demande individuelle et les effets d'une variation de prix, décomposés (Slutsky, Hicks) en effet de substitution (toujours dans le sens inverse du prix) et effet de revenu (dont le signe dépend du bien : normal, inférieur, de Giffen).

Les élasticités

ÉlasticitéFormuleLecture
Prix(ΔQ/Q)/(Δp/p)e> 1 élastique,e< 1 rigide
Revenu(ΔQ/Q)/(ΔR/R)< 0 inférieur ; 0-1 nécessaire ; > 1 supérieur (loi d'Engel)
Croisée(ΔQx/Qx)/(Δpy/py)> 0 substituts ; < 0 compléments
> **Piège** : ne pas confondre une variation de la demande (déplacement de la courbe, dû au revenu ou aux goûts) et une variation de la quantité demandée (mouvement le long de la courbe, dû au prix).
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2. L'équilibre du producteur

La fonction de production Q = f(K, L) (par exemple Cobb-Douglas, 1928) relie facteurs et produit. À court terme, un facteur est fixe et la productivité marginale du facteur variable finit par décroître ; à long terme, on parle de rendements d'échelle (constants, croissants, décroissants).

Le producteur minimise son coût en égalisant le taux marginal de substitution technique au rapport des prix des facteurs (TMST = w/r). Une hausse du coût du travail pousse à substituer du capital au travail.

Les coûts se décomposent en fixes et variables ; le coût marginal coupe le coût moyen en son minimum. En concurrence parfaite, la règle est Cm = p : l'offre de court terme est la branche croissante du coût marginal au-dessus du minimum du coût variable moyen (seuil de fermeture). À long terme, la libre entrée ramène le prix au minimum du coût moyen : le profit économique est nul.

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3. Le marché concurrentiel

Les hypothèses

Atomicité, homogénéité, libre entrée, transparence, mobilité des facteurs (Knight, 1921). Elles ne décrivent pas la réalité mais une norme de référence à partir de laquelle on mesure les imperfections.

Équilibre partiel et surplus

Sur un marché isolé (Marshall, 1890), le prix s'ajuste jusqu'à égaliser offre et demande. Le surplus du consommateur (écart entre disposition à payer et prix) et le surplus du producteur (écart entre prix et coût marginal) sont maximaux à l'équilibre : tout prix administré (plancher, plafond) ou toute taxe crée une perte sèche. L'incidence d'une taxe pèse sur la partie la moins élastique.

Équilibre général

Walras (1874) pose l'interdépendance de tous les marchés et le tâtonnement ; Arrow et Debreu (1954) prouvent l'existence de l'équilibre et formulent les deux théorèmes du bien-être : l'équilibre concurrentiel est un optimum de Pareto, et tout optimum peut être atteint par le marché après redistribution forfaitaire. Ces résultats fondent la défense du marché… et, par contraste, l'inventaire de ses défaillances.

Pour briller : rappeler que l'optimum de Pareto est un critère d'efficacité et non de justice (Sen, L'Économie est une science morale, 1999). Une répartition très inégale peut être Pareto-optimale.

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4. Les défaillances de marché

DéfaillanceProblèmeAuteursRemèdes
Monopole naturelCoûts fixes énormes, coût marginal faible : une seule firme est efficace mais fixe un prix de monopoleHotelling (1938), Demsetz (1968)Tarification régulée, concession, séparation réseau/services
Biens collectifsNon rivaux, non excluables : passager clandestin, sous-productionSamuelson (1954), Olson (1965)Production publique financée par l'impôt
Biens communsRivaux, non excluables : surexploitationHardin (1968), Ostrom (1990)Quotas, droits de propriété, gouvernance communautaire
ExternalitésDivergence coût privé / coût socialPigou (1920), Coase (1960)Taxe/subvention, marchés de droits, normes
Asymétries d'informationSélection adverse, aléa moralAkerlof (1970), Spence (1973), Stiglitz (1976)Signaux, garanties, labels, franchises, réglementation
### Les externalités : Pigou contre Coase

Pigou propose de taxer l'activité polluante à hauteur du coût externe marginal (taxe carbone française : 44,6 €/t depuis 2018). Coase objecte que si les droits de propriété sont définis et les coûts de transaction faibles, les parties négocient elles-mêmes l'optimum : d'où les marchés de quotas (SEQE européen, 2005 ; prix autour de 60-70 €/t en 2024). Le choix entre les deux dépend des coûts de transaction et de l'information dont dispose l'État.

Les asymétries d'information

Akerlof montre qu'un marché peut disparaître quand la qualité est inobservable. Les remèdes viennent des agents eux-mêmes (signal du diplôme chez Spence, menus de contrats chez Rothschild-Stiglitz) ou de l'État (obligation d'information, garanties légales, autorités de régulation). Ces travaux fondent l'économie de l'information, prix Nobel 2001.

Méthode dissertation : sur un sujet comme « Le marché est-il efficace ? », organiser le plan autour de la norme (I. le marché concurrentiel réalise l'optimum : théorèmes du bien-être), des défaillances (II. cinq cas où il échoue) puis des remèdes et de leurs limites (III. l'intervention publique a elle-même ses défaillances : école du Public Choice, Buchanan et Tullock, 1962). Toujours illustrer par un exemple chiffré récent (prix du carbone, concessions autoroutières, rationnement du crédit).

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5. Pour aller plus loin : les limites de l'intervention

L'existence d'une défaillance ne suffit pas à justifier l'intervention : encore faut-il que l'État fasse mieux que le marché. Le Public Choice (Buchanan, Tullock) souligne les défaillances de l'État (lobbying, bureaucratie, cycle électoral), et Coase lui-même rappelle qu'il faut comparer les coûts de chaque arrangement institutionnel. La microéconomie contemporaine (économie comportementale de Kahneman et Thaler) complète enfin le tableau en remettant en cause la rationalité parfaite du consommateur, ce qui ouvre la voie aux politiques d'« incitation douce » (nudges).

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