Probabilités et variables aléatoires discrètes
Univers, probabilités conditionnelles, formule des probabilités totales, Bayes, indépendance, lois usuelles (Bernoulli, binomiale, géométrique, Poisson, hypergéométrique), espérance, variance, inégalité de Bienaymé-Tchebychev, loi faible des grands nombres.
1. Espace probabilisé
Une expérience aléatoire est décrite par son univers (ensemble des issues). Un événement est une partie de ; est l'événement impossible, l'événement certain, l'événement contraire. Deux événements sont incompatibles si . Une probabilité sur un univers fini ou dénombrable associe à chaque événement un réel de tel que et pour , incompatibles (additivité, étendue aux réunions dénombrables).
Conséquences : ; ; si alors ; et pour deux événements quelconques
En situation d'équiprobabilité sur un univers fini, : le calcul se ramène à un dénombrement ( permutations, arrangements, combinaisons).
Méthode : « au moins un » se traite presque toujours par l'événement contraire « aucun ». Exemple : parmi 23 personnes, .
2. Conditionnement et indépendance
Si , la probabilité conditionnelle de sachant est
L'application est elle-même une probabilité. Formule des probabilités composées : , et plus généralement : c'est le produit des probabilités le long d'une branche d'un arbre.
Un système complet d'événements est une famille d'événements deux à deux incompatibles dont la réunion est (par exemple ). Formule des probabilités totales :
Formule de Bayes (inversion du conditionnement) : pour ,
Application aux tests diagnostiques : avec « malade », « test positif », la sensibilité est , la spécificité , et la valeur prédictive positive se calcule par Bayes : elle dépend fortement de la prévalence . Pour une maladie rare, même un test excellent donne une majorité de faux positifs.
Piège : ne pas confondre et : « probabilité d'être positif sachant malade » n'est pas « probabilité d'être malade sachant positif ».
Deux événements sont indépendants si , ce qui équivaut à lorsque . Si et sont indépendants, et le sont aussi. Des événements sont mutuellement indépendants si pour toute sous-famille, la probabilité de l'intersection est le produit des probabilités. L'indépendance deux à deux n'entraîne pas l'indépendance mutuelle : avec deux dés, « premier dé pair », « second dé pair », « somme paire » sont deux à deux indépendants mais .
Piège : incompatibles n'est pas indépendants. Deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants.
3. Variables aléatoires discrètes
Une variable aléatoire discrète est une application de dans un ensemble fini ou dénombrable . Sa loi est la donnée des pour , avec . Les événements forment un système complet. La fonction de répartition est croissante, en escalier, de limites 0 en et 1 en .
Espérance : (sous réserve de convergence absolue dans le cas dénombrable). C'est une moyenne pondérée. Théorème de transfert : . Linéarité : , toujours vraie, même sans indépendance. Si , .
Variance : (formule de König-Huygens), positive, nulle si et seulement si est presque sûrement constante. Écart-type , de même unité que . .
Deux variables sont indépendantes si pour tous . Alors et . En général, avec ; une covariance nulle n'implique pas l'indépendance.
4. Lois usuelles
| Loi | Modèle | |||
|---|---|---|---|---|
| Bernoulli | une épreuve, succès (1) ou échec (0) | , | ||
| Binomiale | nombre de succès sur épreuves indépendantes | , | ||
| Géométrique | rang du premier succès (épreuves indépendantes) | , | ||
| Poisson | nombre d'événements rares sur un intervalle | , | ||
| Hypergéométrique | tirages sans remise de objets parmi , dont marqués |
- Une variable binomiale est une somme de variables de Bernoulli indépendantes de même paramètre, d'où et . Le tirage avec remise (ou dans une population très grande) donne une binomiale, le tirage sans remise une hypergéométrique ; lorsque ( en pratique), .
- La loi géométrique est sans mémoire : , avec .
- Approximation de Poisson : si est grand et petit (, , modéré), . La loi de Poisson modélise les comptages d'événements rares : mutations par génome, colonies sur une boîte de Petri, désintégrations par seconde.
- Si et sont indépendantes, ; de même deux binomiales indépendantes de même s'ajoutent en .
Méthode pour reconnaître une loi : identifier l'épreuve élémentaire et sa probabilité de succès ; vérifier l'indépendance et le nombre fixé d'épreuves (binomiale), le rang d'un premier succès (géométrique), l'absence de remise (hypergéométrique), un comptage d'événements rares (Poisson). Toujours préciser .
5. Inégalités et loi faible des grands nombres
Inégalité de Markov : si et , .
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev : pour ,
Elle majore la probabilité d'un écart à la moyenne sans connaître la loi : avec , l'écart dépasse deux écarts-types avec une probabilité au plus .
Loi faible des grands nombres : si sont indépendantes, de même loi, d'espérance et de variance , la moyenne empirique vérifie , et, par Bienaymé-Tchebychev,
On dit que converge en probabilité vers : la fréquence observée d'un événement tend vers sa probabilité. C'est le fondement de l'estimation d'une proportion (fréquence allélique, taux de germination) par un échantillon, et la précision croît en .
6. Applications biologiques
- Génétique mendélienne : croisement , chaque descendant est avec probabilité ; sur descendants indépendants, le nombre de suit .
- Hardy-Weinberg : si les allèles sont indépendants (panmixie), fréquences génotypiques , , avec .
- Dépistage : prévalence 1 %, sensibilité 99 %, spécificité 95 % ; par Bayes, : seuls 17 % des positifs sont malades.
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