Cinétique chimique
Vitesse de réaction, lois de vitesse et ordres, temps de demi-réaction, méthodes de détermination, loi d'Arrhenius, catalyse et suivi expérimental.
1. Vitesse de réaction
Pour une réaction d'équation ( pour les réactifs, pour les produits) dans un système fermé de volume constant, l'avancement (mol) vérifie . La vitesse volumique de réaction est
en mol·L⁻¹·s⁻¹. Pour : . La vitesse de disparition de A est .
Piège : ne pas oublier le coefficient stœchiométrique : dans , .
2. Loi de vitesse et ordre
Une réaction admet un ordre si : et sont les ordres partiels (pas nécessairement entiers, ni égaux aux coefficients stœchiométriques), l'ordre global, la constante de vitesse, qui ne dépend que de la température (et du catalyseur). L'unité de dépend de l'ordre : s⁻¹ pour l'ordre 1, L·mol⁻¹·s⁻¹ pour l'ordre 2, mol·L⁻¹·s⁻¹ pour l'ordre 0.
Les facteurs cinétiques sont la concentration des réactifs, la température et la présence d'un catalyseur.
3. Lois intégrées pour ()
| Ordre | Loi intégrée | Représentation linéaire | Temps de demi-réaction |
|---|---|---|---|
| 0 | fonction de | (proportionnel à ) | |
| 1 | fonction de , pente | (indépendant de ) | |
| 2 | fonction de , pente | (inversement proportionnel à ) |
Si la réaction s'écrit produits avec , on a : la constante qui apparaît dans les lois intégrées est alors (« constante apparente »).
4. Déterminer un ordre expérimentalement
Dégénérescence de l'ordre : si B est en large excès (), reste constant et avec : on isole l'ordre partiel par rapport à A. En répétant avec plusieurs , on obtient par .
Mélange stœchiométrique : si , alors à tout instant et la loi se ramène à un ordre global unique.
Méthodes :
- méthode intégrale : on suppose un ordre, on trace la représentation linéaire correspondante ; l'ordre est validé si les points sont alignés (régression linéaire, coefficient de corrélation proche de 1) ;
- méthode différentielle : on mesure (pente de la tangente à ) à différents instants et on trace en fonction de : la pente est l'ordre ;
- méthode des vitesses initiales : on mesure pour plusieurs ; ;
- temps de demi-réaction : indépendant de pour l'ordre 1, proportionnel à pour l'ordre 0, inversement proportionnel pour l'ordre 2.
Méthode : commencer par tester l'ordre 1 (le plus fréquent) en traçant ; si la courbe est concave ou convexe, essayer les ordres 0 et 2. Toujours vérifier l'unité de obtenue.
5. Suivi expérimental d'une cinétique
On suit une grandeur physique proportionnelle ou affine en une concentration :
- spectrophotométrie : loi de Beer-Lambert ( absorbance sans unité, coefficient d'absorption molaire en L·mol⁻¹·cm⁻¹, en cm) pour une espèce colorée, à la longueur d'onde du maximum d'absorption ;
- conductimétrie : (loi de Kohlrausch) lorsque des ions apparaissent ou disparaissent ;
- pH-métrie, manométrie (gaz produit, proportionnelle à à , fixés) ;
- titrage d'échantillons prélevés à différents instants après trempe (dilution brutale et refroidissement pour bloquer la réaction).
Les méthodes physiques sont non destructives et continues ; les méthodes chimiques nécessitent de stopper la réaction.
6. Influence de la température : loi d'Arrhenius
est l'énergie d'activation (J·mol⁻¹, typiquement 20 à 150 kJ·mol⁻¹), le facteur préexponentiel (même unité que ), J·K⁻¹·mol⁻¹, en kelvin. On détermine par la pente de en fonction de : pente . Entre deux températures : . Règle empirique : la vitesse double environ tous les 10 °C pour kJ·mol⁻¹ autour de l'ambiante.
Interprétation : seules les collisions d'énergie supérieure à sont efficaces ; la fraction de telles collisions (facteur de Boltzmann) croît avec . Le profil énergétique présente un état de transition au sommet de la barrière .
Piège : doit être en kelvin, jamais en °C, dans Arrhenius. Et la constante ne dépend pas des concentrations.
7. Catalyse
Un catalyseur augmente la vitesse d'une réaction thermodynamiquement possible sans apparaître dans l'équation bilan : il est consommé puis régénéré, il ouvre un nouveau chemin réactionnel d'énergie d'activation plus faible. Il ne modifie ni l'état d'équilibre ni les grandeurs thermodynamiques.
- Catalyse homogène : catalyseur dans la même phase (ions pour l'estérification, pour la réaction entre et ).
- Catalyse hétérogène : catalyseur solide (platine, nickel) sur lequel les réactifs s'adsorbent ; vitesse proportionnelle à la surface active (pot catalytique, hydrogénation).
- Catalyse enzymatique : catalyseurs biologiques très sélectifs et efficaces dans des conditions douces.
Un catalyseur peut être sélectif : il favorise une réaction parmi plusieurs possibles. Une réaction est autocatalytique si l'un de ses produits est catalyseur (oxydation de l'acide oxalique par , catalysée par ) : la vitesse passe par un maximum.
8. Notions sur les mécanismes réactionnels
Une réaction s'effectue souvent par une succession d'actes élémentaires (molécularité 1 ou 2, rarement 3) faisant intervenir des intermédiaires réactionnels (radicaux, ions) très réactifs. Pour un acte élémentaire, l'ordre partiel est égal au coefficient stœchiométrique (loi de van 't Hoff). Une étape beaucoup plus lente que les autres impose sa vitesse (étape cinétiquement déterminante). Ces notions sont approfondies en deuxième année.
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