Thermodynamique de la transformation chimique
2e année PC · Grandeurs standard de réaction, lois de Hess et de Kirchhoff, potentiel chimique, affinité, constante d'équilibre, loi de Van 't Hoff, déplacement d'équilibre, variance et température de flamme.
1. Grandeurs de réaction
Pour une réaction d'équation ( pour les produits, pour les réactifs), l'avancement (mol) vérifie . Une grandeur de réaction est la dérivée partielle d'une grandeur extensive par rapport à à et fixées :
où est la grandeur molaire partielle. Dans l'état standard (, constituant pur ou soluté à , comportement idéal), on obtient les grandeurs standard de réaction , , , qui ne dépendent que de .
- Loi de Hess : , avec pour un corps simple dans son état standard de référence (O(g), C(graphite), H(g)...).
- Entropie standard : , où les sont absolues (troisième principe) : pas de zéro conventionnel, contrairement aux enthalpies.
- Enthalpie libre standard : .
- Loi de Kirchhoff : . L'approximation d'Ellingham consiste à négliger : et sont alors indépendants de , et est une fonction affine de .
Piège : le signe de se lit sur la variation de quantité de gaz : si le nombre de moles de gaz augmente. Une réaction exothermique n'est pas forcément « favorable » : c'est , et surtout l'affinité, qui tranche.
2. Potentiel chimique
Le potentiel chimique du constituant est l'enthalpie libre molaire partielle (J·mol⁻¹), et . Il s'écrit toujours , avec une activité sans dimension :
| Constituant | Activité | Remarque |
|---|---|---|
| Gaz parfait dans un mélange | pression partielle | |
| Soluté en solution diluée | ||
| Solvant, solide ou liquide pur | , effet de négligé | |
| Constituant d'un mélange idéal condensé | fraction molaire |
À et fixées, , donc avec . On définit l'affinité chimique
où est le quotient réactionnel et . Le second principe impose une entropie créée , d'où le critère d'évolution :
- (soit ) : évolution dans le sens direct () ;
- () : évolution dans le sens indirect ;
- () : équilibre chimique, si tous les constituants sont présents.
Méthode : pour prévoir le sens d'évolution, calculer dans l'état initial avec les activités (pressions partielles, concentrations), le comparer à , puis conclure par le signe de . Si un réactif solide est épuisé avant que atteigne , il y a rupture d'équilibre : l'état final n'est pas un état d'équilibre chimique.
4. Constante d'équilibre et loi de Van 't Hoff
La constante d'équilibre ne dépend que de :
Sa variation avec la température suit la loi de Van 't Hoff :
Pour une réaction endothermique (), augmente avec ; pour une réaction exothermique, diminue avec . Dans l'approximation d'Ellingham, : le tracé de en fonction de est une droite de pente .
La température d'inversion est celle pour laquelle , soit : (Ellingham). Elle n'existe que si et sont de même signe. De part et d'autre de , le sens « thermodynamiquement favorisé » () s'inverse.
5. Déplacement et rupture d'équilibre
On perturbe un système à l'équilibre () et on calcule le signe de la nouvelle affinité : le système évolue dans le sens qui modère la perturbation (loi de modération ou principe de Le Chatelier, à utiliser avec prudence).
| Perturbation | Effet | Justification |
|---|---|---|
| Hausse de (à cte) | sens endothermique | Van 't Hoff : varie, inchangé |
| Hausse de (à cte) | sens qui diminue la quantité de gaz | |
| Ajout d'un gaz inerte à ctes | aucun | les sont inchangées |
| Ajout d'un gaz inerte à ctes | sens qui augmente la quantité de gaz | les diminuent, comme une baisse de |
| Ajout d'un réactif à ctes | sens direct | diminue, |
6. Variance
La variance est le nombre de paramètres intensifs indépendants qu'il faut fixer pour déterminer l'état d'équilibre. Règle de Gibbs : , avec le nombre de phases et le nombre de constituants indépendants ( constituants, équilibres chimiques indépendants, relations particulières imposées : proportions stœchiométriques initiales, électroneutralité). Pour le calcul direct : (nombre de paramètres intensifs : , , fractions molaires) (nombre de relations : lois d'action de masse, par phase, contraintes).
Exemple : CaCO(s) = CaO(s) + CO(g) : , , , d'où : à fixée, la pression de CO à l'équilibre est imposée ().
7. Température de flamme adiabatique
Une réaction monobare et adiabatique (flamme, four) vérifie . On décompose fictivement la transformation en deux étapes ( est une fonction d'état) : la réaction à , puis l'échauffement des produits (et des réactifs en excès, et des inertes comme N de l'air) de à :
Pour une combustion (), . Ordres de grandeur : 2 000 à 3 000 K pour une flamme d'hydrocarbure dans l'air. Le même raisonnement avec ou avec des changements d'état (vaporisation de l'eau produite) se traite en ajoutant les termes correspondants.
Méthode : écrire le bilan de matière final (y compris le diazote de l'air : 4 mol de N pour 1 mol d'O environ), prendre à la température initiale, puis résoudre l'équation linéaire en si les sont supposés constants.
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