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Réactions acido-basiques en solution aqueuse

Couples acide/base, constante d'acidité, calcul de pH (acide fort, acide faible, base), diagrammes de prédominance, solutions tampons et titrages pH-métriques et colorimétriques.

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1. Couples acide/base et autoprotolyse de l'eau

Selon Brønsted, un acide est une espèce capable de céder un proton , une base une espèce capable d'en capter un. Les deux espèces d'un couple sont reliées par la demi-équation . Une réaction acido-basique est un échange de proton entre l'acide d'un couple et la base d'un autre : .

L'eau est un ampholyte : elle appartient aux couples et . Son autoprotolyse a pour constante le produit ionique à 25 °C, soit .

Le pH est défini par (concentration en mol·L⁻¹, rapportée à mol·L⁻¹). À 25 °C : solution acide si pH < 7, basique si pH > 7, et .

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2. Constante d'acidité et force des acides

Pour le couple , la réaction avec l'eau admet la constante d'acidité

Plus est grand ( petit), plus l'acide est fort et plus sa base conjuguée est faible. Un acide fort (, , première acidité) est totalement dissocié dans l'eau : son est négatif et il n'existe pas en solution aqueuse, c'est qui le remplace (nivellement par le solvant). De même une base forte (, ) est totalement protonée ou remplacée par . Les acides faibles (, ) ne sont que partiellement dissociés.

Couple (25 °C)
0
2,1
4,8
6,4
7,2
9,2
10,3
14
**Constante d'une réaction acido-basique** entre l'acide 1 et la base 2 : . La réaction est quantitative () lorsque l'acide le plus fort réagit avec la base la plus forte, c'est-à-dire lorsque : c'est la **règle du gamma** sur l'échelle des .
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3. Diagrammes de prédominance

En écrivant , on voit que :

  • si , l'acide prédomine ;
  • si , la base prédomine ;
  • si , les deux espèces sont à concentrations égales.

On considère qu'une espèce est majoritaire (plus de 90 % du couple) à un pH distant d'au moins une unité du . Pour un diacide ( dissous, ), on juxtapose les domaines ; l'ampholyte prédomine entre et . Le diagramme de distribution représente les fractions molaires de chaque espèce en fonction du pH : les courbes se croisent à pour .

Piège : le diagramme de prédominance indique l'espèce majoritaire à un pH donné, pas le pH que prendra une solution. Deux espèces dont les domaines sont disjoints ne peuvent pas coexister en quantités importantes : elles réagissent.

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4. Calcul du pH des solutions usuelles

On note la concentration apportée (mol·L⁻¹). Les formules ci-dessous supposent suffisamment grande pour négliger l'autoprotolyse de l'eau ( mol·L⁻¹).

SolutionFormuleCondition de validité
Acide fort mol·L⁻¹
Base forte mol·L⁻¹
Acide faible peu dissocié
Base faible peu protonée
Ampholyteindépendant de
**Démonstration pour l'acide faible** : tableau d'avancement de avec avancement volumique . Alors . Si l'acide est peu dissocié (), , d'où . On **vérifie a posteriori** que le pH obtenu est inférieur à ; sinon on résout l'équation du second degré .

Méthode : identifier les espèces présentes, écrire la réaction prépondérante (celle de plus grande constante), poser une hypothèse simplificatrice, calculer, puis valider l'hypothèse avec le résultat. Exemple : acide éthanoïque à mol·L⁻¹, : hypothèse validée, le taux de dissociation vaut %.

Piège : le taux de dissociation d'un acide faible augmente par dilution (loi d'Ostwald) : plus la solution est diluée, plus l'approximation « peu dissocié » devient fausse.

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5. Solutions tampons

Une solution tampon contient un acide faible et sa base conjuguée en proportions comparables. Son pH, donné par la relation d'Henderson-Hasselbalch

varie peu par ajout modéré d'acide ou de base, ni par dilution modérée. Le pouvoir tampon est maximal pour (mélange équimolaire) et croît avec la concentration totale. On la prépare par mélange de l'acide et d'un sel de sa base, ou par neutralisation partielle de l'acide faible par une base forte (demi-équivalence). Exemples biologiques essentiels : le tampon du sang (pH 7,4), le tampon phosphate intracellulaire.

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6. Titrages acido-basiques

Un titrage consiste à déterminer la quantité d'une espèce (titrée) par une réaction rapide, totale et unique avec un réactif (titrant) de concentration connue. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques : pour un monoacide titré par , .

Suivi pH-métrique : la courbe présente un saut de pH à l'équivalence, repéré par la méthode des tangentes ou par le maximum de la dérivée .

  • Acide fort par base forte : pH initial , , saut très marqué.
  • Acide faible par base forte : pH initial plus élevé, demi-équivalence (zone tampon, lecture graphique du ), car la solution contient la base faible ; le saut est d'autant moins net que l'acide est faible ou dilué.
  • Diacide : deux sauts si , avec .

Suivi colorimétrique : un indicateur coloré est un couple acide/base dont les formes ont des couleurs différentes ; sa zone de virage s'étend sur environ . On le choisit de sorte que le appartienne à sa zone de virage : hélianthine (3,1–4,4) pour un pH d'équivalence acide, bleu de bromothymol (6,0–7,6) pour une équivalence neutre, phénolphtaléine (8,2–10,0) pour une équivalence basique. Le suivi conductimétrique (droites de pentes différentes de part et d'autre de l'équivalence) est utilisable lorsque le saut de pH est peu visible.

Méthode : pour exploiter un titrage, écrire l'équation support, dresser le tableau d'avancement aux points remarquables (début, demi-équivalence, équivalence, excès de titrant), identifier les espèces majoritaires et appliquer la formule de pH adaptée à chaque situation.

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