Algèbre linéaire : l'essentiel pour la B/L
Sous-espaces vectoriels, familles libres et génératrices, bases et dimension, calcul matriciel, systèmes linéaires, rang, inversion et diagonalisation, avec les méthodes attendues aux concours.
L'algèbre linéaire est omniprésente dans les sujets de mathématiques de la B/L : calcul de puissances de matrices, suites récurrentes couplées, chaînes de Markov, résolution de systèmes. Les correcteurs attendent moins de virtuosité théorique que des méthodes sûres et bien rédigées.
1. Espaces vectoriels et sous-espaces
Les espaces de référence sont et . Un sous-espace vectoriel contient le vecteur nul et est stable par combinaison linéaire : pour tous et , .
Deux méthodes pour montrer qu'un ensemble est un sous-espace :
- la vérification directe (contient 0, stable par ) ;
- l'écriture sous la forme , qui donne en plus une famille génératrice.
Piège classique : l'ensemble des solutions d'un système avec second membre non nul n'est pas un sous-espace vectoriel (il ne contient pas 0). Seuls les systèmes homogènes définissent des sous-espaces.
2. Familles libres, génératrices, bases
Définitions
- est libre si tous les sont nuls.
- Elle est génératrice de si .
- Une base est une famille libre et génératrice ; tout vecteur s'y décompose de façon unique, ce qui définit ses coordonnées.
Dimension
Toutes les bases d'un espace de dimension finie ont le même nombre de vecteurs : c'est la dimension. On retient et . En dimension :
- une famille libre a au plus vecteurs ;
- une famille génératrice a au moins vecteurs ;
- une famille de exactement vecteurs est une base dès qu'elle est libre ou génératrice.
Ce dernier point est l'argument le plus rentable en concours : pour montrer qu'une famille de 3 vecteurs de est une base, il suffit de prouver sa liberté.
Méthode : base d'un sous-espace défini par équations
Pour , on exprime et on factorise par les paramètres : . Les deux vecteurs obtenus sont générateurs par construction et libres car non colinéaires, donc .
3. Calcul matriciel
Le produit est défini si le nombre de colonnes de égale le nombre de lignes de , avec .
Les erreurs les plus fréquentes viennent de la non-commutativité :
- en général, donc ;
- n'implique pas ou ;
- et (ordre inversé).
La formule du binôme n'est valable que si . Exemple type : avec donne pour tout .
4. Systèmes linéaires et pivot de Gauss
Un système de équations à inconnues s'écrit . La méthode du pivot de Gauss le transforme en système échelonné par des opérations élémentaires :
- échange de deux lignes ;
- multiplication d'une ligne par un réel non nul ;
- ajout à une ligne d'un multiple d'une autre ligne.
Ces opérations conservent l'ensemble des solutions. L'ensemble des solutions est soit vide, soit de la forme (solution particulière plus solutions du système homogène) : un système a donc 0, 1 ou une infinité de solutions.
Conseil de rédaction : noter chaque opération () en marge ; c'est exigé par les correcteurs et cela évite les erreurs de calcul. Avec un paramètre , ne jamais diviser par une expression en sans distinguer le cas où elle s'annule.
5. Rang
Le rang d'une famille est la dimension de l'espace qu'elle engendre ; le rang d'une matrice est celui de ses colonnes, égal à celui de ses lignes. En pratique, on échelonne et on compte les pivots non nuls.
Le théorème du rang relie les objets : pour ,
.
Ainsi, pour une matrice carrée d'ordre , équivaut à : le système homogène n'a que la solution nulle.
6. Inversion
Une matrice carrée d'ordre est inversible s'il existe avec (l'égalité en découle en dimension finie). Critères équivalents : , colonnes libres, .
Trois méthodes de calcul
- 1Cas : si .
- 2Gauss-Jordan : on transforme en , ou on résout pour lire .
- 3Polynôme annulateur : si , alors . Il faut que le coefficient constant soit non nul.
Une matrice triangulaire est inversible si et seulement si tous ses coefficients diagonaux sont non nuls : réflexe à avoir avant tout calcul.
7. Applications linéaires et réduction
Une application linéaire de dans s'écrit , où la -ème colonne de contient . Son noyau et son image sont des sous-espaces ; est injective si et seulement si .
Si est la matrice de passage vers une nouvelle base, la matrice de devient . Lorsque cette nouvelle matrice est diagonale , on a et donc .
Un réel est valeur propre si n'est pas inversible ; on résout alors pour obtenir les vecteurs propres. Une matrice d'ordre ayant valeurs propres distinctes est diagonalisable.
Méthode type : suite récurrente matricielle
Pour , :
- 1poser et écrire ;
- 2montrer par récurrence que ;
- 3calculer (diagonalisation ou binôme) ;
- 4lire et , puis étudier leur limite.
À retenir
- En dimension , vecteurs libres forment une base.
- Pas de commutativité : binôme seulement si .
- Le pivot de Gauss résout systèmes, rang et inversion avec une seule technique.
- Théorème du rang : .
- .
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